Dans ces documents apparus sur internet et dévoilés par la presse américaine, les services de renseignements américains s’interrogent sur la capacité de l’armée ukrainienne à mener la contre-offensive annoncée et préparée depuis des mois.
C’est d’abord Anthony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, qui a décroché son téléphone pour en parler avec son homologue ukrainien Dmytro Kouleba, et pour lui assurer du soutien indéfectible de son pays. C’est également le secrétaire à la Défense américain, Lloyd Austin, qui s’est entretenu avec son homologue ukrainien Oleksiï Reznikov, déclarant à la suite de cet entretien que les Ukrainiens disposaient, selon lui, « des capacités dont ils ont besoin pour continuer à réussir ».
Dans les documents du Pentagone qui ont été divulgués, les services américains ne cachent pas leurs doutes et leurs inquiétudes vis-à-vis des capacités militaires des Ukrainiens, non pas pour se défendre comme ils le font avec succès depuis un an, mais pour mener cette fameuse contre-offensive qui doit leur permettre de reprendre du territoire aux Russes, soit à l’Est, soit dans le sud du pays.
Formation insuffisante, manque de munitions…
Selon les documents analysés par le Washington Post, les services américains s’inquiètent de « déficiences persistantes dans la formation des hommes et dans les réserves de munitions », ce qui pourrait mettre « à rude épreuve tout progrès et aggraver les pertes durant l’offensive ». Le document conclut que les Ukrainiens ne pourraient obtenir que de « modestes gains territoriaux » face aux Russes – bien loin des succès enregistrés à l’automne dernier.
Les Américains s’inquiètent également, indique l’Agence France-Presse, de l’état préoccupant des défenses aériennes ukrainiennes qui pourraient se retrouver à court de munitions d’ici à la fin du mois de mai. Des signaux bien peu encourageants donc, à l’approche de la contre-offensive, et qui contrastent très nettement avec le discours de confiance dans les capacités militaires ukrainiennes, officiellement adopté depuis des semaines par l’administration américaine.

