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L’ISSP organise une table ronde des potentiels employeurs de ses formés le 31 Juillet 2015 à Ouagadougou

Ce Mercredi 22 juillet 2015, nous avons eu le privilège, d’une interview exclusive avec Monsieur Abdoul Karim OUEDRAOGO, économiste gestionnaire de formation, inspecteur du trésor de profession et l’actuel Directeur Général (DG) du Fond National pour l’Education et la Recherche (FONER) depuis janvier 2015. Interview avec des éclaircissements dignes d’intérêt pour l’opinion publique burkinabè et surtout pour l’ensemble de la communauté estudiantine.

A quoi consistent le FONER et le prêt et quels sont leurs origines ?

Il faut dire que la genèse du FONER remonte des années 90, c’est-à dire lors de la mise en place des programmes d’agissement structurel (PAS) par les institutions de Breton Wood tels que le FMI, la Banque Mondiale qui ont demandé aux pays qui sont soumis à leur contrôle comme le Burkina de procéder à des contingentements au niveau des bourses, c’est à dire la mise en place des allocations financière au profit des étudiants. Donc ces contingentements ont amené des remous au niveau des campus universitaires du Burkina. Suite à ces remous, l’Etat a essayé de trouver des solutions palliatives par la mise en place d’une structure dont le FONER qui était à ses débuts considérés comme un cadre de mobilisation de ressources additionnelles en vue de soutenir l’effort de l’Etat en matière d’éducation.

Et le prêt ? S’inscrit-il dans la même logique ?

Quant on dit le FONER, c’est l’aide et le prêt, FONER c’est le nom de l’institution et les deux allocations que le FONER octroi, c’est l’aide et le prêt. Il faut dire que initialement la mise en place du FONER concernait seulement le prêt, c’est-à dire les étudiants qui étaient sous le contingentement des bourses, c’est-à dire ceux qui ne pouvaient pas bénéficier des bourses, on leur donnait de l’argent pour qu’ils poursuivent leurs études. Mais qu’ils devraient rembourser lorsqu’ils seront dans la vie active. Donc initialement l’objectif du FONER était la mise en place du prêt au profit des étudiants. Chemin faisant, dans les années 97-98, il y’a encore eu des remous au niveau des universités et les syndicats des étudiants ont dit que l’Etat ne pouvait pas continuer à endetter ses étudiants (selon leurs termes) et c’est dans ce cadre que l’aide est intervenue.

Quand est-il de son recouvrement ?

Concernant l’allocation du prêt, il faut dire que c’est un système de renouvellement, c’est-à dire que les prêts qui ont été placés à la disposition des bénéficiaires doivent être recouverts pour permettre aux nouvelles générations de pouvoir en bénéficié. Donc c’est une invite à l’endroit de tous nos anciens bénéficiaires afin qu’ils se signalent au FONER et de procéder au remboursement. Egalement les étudiants qui sont actuellement sur le campus et qui sont bénéficiaires de nos actions, nous leurs demandons une fois sur le terrain, une fois dans la vie active, de ne pas attendre que le FONER déploie un harmattan de stratégies pour les détecter, qu’ils viennent par eux même se déclarer et procéder au paiement pour qu’on puisse mettre cette somme à la disposition de leurs frères parce qu’il faut le dire, le remboursement permet la pérennisation du système du prêt.

Comment se passera le système de prélèvement pour quelqu’un qui vient se déclarer ?
L’avantage de venir soi-même, au FONER se déclarer, c’est que là vous pouvez négocier les conditions de remboursement. C’est-à dire que si vous venez, nous on vous dit que vous nous devez tant et vous nous proposez votre modalité de paiement et on ajuste ensemble jusqu’à ce qu’on trouve un terrain d’entente, parce que là le remboursement peut aller jusqu’à une période de 5ans. Mais si vous vous asseyez jusqu’à ce que le FONER vient vous repérez ce sont les conditions du FONER qui s’appliquent à vous et là vous n’avez plus le choix. Donc c’est vraiment intéressant qu’on se déplace soi-même pour venir procéder au remboursement de son prêt parce qu’on l’a contracté en tout état de cause. Dès le départ on vous a dit que c’est un prêt donc c’est à rembourser.

L’octroi de l’aide a commencé à partir de quelle année ?

C’est en 1998, que les premières aides ont été octroyées mais le FONER à été crée depuis 1994 par décret et depuis lors le prêt a été mis en place au profit des étudiants.

Quels sont les modalités et le programme annuel du FONER ?

Pour ce qui est des conditions et modalités des prêts et des aides, ce sont des critères qui sont définis dans des arrêtés conjoints, c’est-à dire un arrêté de 2009, 552 qui régit les modalités et conditions d’octroi de l’aide. Et également un arrêté conjoint de 2009, 553 qui régissent les conditions et modalités d’octroi du prêt. Donc quant on dit arrêté conjoint c’est-à dire que c’est le Ministère de l’Economie et des Finances et le Ministère des Enseignements Secondaires et Supérieur (MESS) qui signent ses arrêtés.
Quant au chronogramme ou programme il faut dire qu’en début de chaque année, le FONER essai de mettre en place un chronogramme de paiement de ses allocations, mais ce programme n’est pas figé, il est généralement élaboré en tenant compte des réalités sur les campus universitaires.

Est-ce qu’aujourd’hui on peut dire que ce chronogramme suit cette logique à partir du moment où des étudiants perçoivent leur allocation d’autres en début et d’autres en fin d’année ?

Oui, ce chronogramme tient puisque quant on prend les universités actuellement, toutes les inscriptions ne se font pas au même moment, toute l’année on a des inscriptions qui se font à tout moment. Quant on dit université, ce n’est pas seulement l’Université de Ouagadougou et de Ouaga2, il y’a aussi l’université de Koudougou et de Bobo-Dioulasso, donc le FONER fait son chronogramme en essayant d’ajuster pour prendre en compte le maximum d’étudiants. Il va de soit que naturellement certains bénéficient de leurs allocations avant d’autres. C’est selon le rythme des inscriptions au niveau des universités que nous travaillons sinon on a toujours un chronogramme bien élaboré.

Pourquoi certains étudiants arrivent à déposer leurs dossiers et d’autres non à tel point que d’autres forcent de fois pour déposer comme ce fut le cas en UFR/SVT ?

Il faut dire que comme il a été révélé plus haut, nos allocations se font en fonction des conditions et modalités établies en fonction des textes en vigueurs. Lorsque le FONER réceptionne les dossiers, il y’a un comité qui les traite, appelé comité directeur dont les étudiants sont membres, un comité élargi aux étudiants. Naturellement lorsque nous ouvrons des sessions de réception de dossiers, ces sessions sont ouvertes sur la base d’un communiqué signé par les premiers responsables du MESS et ce communiqué précise les conditions et les éléments constitutifs des dossiers. Si des étudiants ne sont pas dans ces conditions édictés par le communiqué, il va de soi qu’ils ne puissent pas déposer leurs dossiers. Et même mieux, si ces étudiants force pour déposer comme vous l’avez dit, lorsque le comité va étudier les dossiers, leurs dossiers seront purement et simplement rejetés. Ce sont des ressources financières et on ne peut pas les attribuées sans conditions, c’est pour cela qu’il y’a un encadrement bien précis.

Pouvons nous savoir quel sont ces étudiants qui sont admis au niveau comité directeur de traitement des dossiers ?

Ce sont des délégués élus des universités. Ils sont élus à l’université et c’est l’université qui nous les envois chaque année.

Des syndicats ou des délégués de promotion ?

Ce sont les deux à la foi je pense, puisqu’ils sont désignés par les étudiants eux même. D’ailleurs, ce ne sont pas les étudiants seulement qui font parti de ce comité, il y’a 8 Ministères aussi, dont les représentants du MESS, du Ministère de l’Education Nationale, du Ministère de la Fonction Publique, du Sport etc. Il y’a même des syndicats comme la SNESS, SYNTER, SNEA-B, etc. Toutes ces structures prennent part aux travaux du comité.

Il ressort que le système du FONER n’était pas informatisé et à l’heure actuelle qu’en est-il ?

Il faut dire aujourd’hui que le traitement des allocations du FONER des étudiants se fait sur des bases de données avec un système informatisé que nous appelons le champ informatisé des fonds du FONER. Donc le système du FONER est informatisé et les paiements se font sur cette base. C’est du reste le système informatisé qui nous permet de pouvoir empêché les tentatives de fraudes, par ce que ce système ne permet pas à un étudiant de pouvoir bénéficier du FONER plus d’une fois quand bien même au niveau de nos textes. Actuellement, nous avons mise en place un code de discipline, si vous avez remarqué les communiqués récents, il a été mentionné qu’un étudiant bénéficiaire qui viendrait tenter de déposer son dossier une deuxième fois dans la même année, sera victime d’une sanction et cette sanction consistera en la suspension d’abord du FONER en cours et aussi il sera déçu du FONER durant tout son cursus universitaire.

D’après un certain nombre d’étudiants, Cette année particulièrement le FONER a été remis de façon anarchique ou presque désordonnée sans explications aucune. D’autres parlaient même du bonus de FONER qu’ils ont obtenu. Est-ce que vous pouvez nous éclaircir à ce niveau ?

D’abord, je peux dire que nous aussi, on a entendu parler du bonus de la transition, et certains même ont parlé du dédommagement. Il faut dire de tout cela, qu’il n’en est rien et l’attestation de nos prestations est toujours régie par les mêmes textes et c’est toujours le même comité directeur qui apprécie. Seulement pour la deuxième session de 2015, nous avons tenu compte des situations au niveau des universités pour permettre aux étudiants qui n’ont pas eu le temps de s’inscrire de pouvoir déposé parce que comme vous l’avez relevé plus haut il y’a des étudiants qui perçoivent leur allocation en début ou en fin d’année et c’est ce que nous avons voulu éviter en partant sur la base des premiers semestres qu’ils ont validé, pour réceptionner des dossiers. Mais ça ne veut pas dire que quant ils auront fini, ils peuvent revenir déposé encore. Si vous regardez bien la troisième session, vous voyez que ces personnes ne peuvent pas déposer, puisque nous savons que c’est une année académique pour une allocation FONER. Donc sur cette base, nous savons que là il faut saluer l’initiative du comité directeur et les plus hautes autorités des Ministères qui ont permis à ce qu’on permette aux étudiants de déposer leurs dossiers avant la fin de l’année. Mais ça ne veut pas dire que l’étudiant aurait deux fois le FONER. S’il prend en février par exemple ça veut dire que c’est fini pour lui jusqu’à ce qu’il change de niveau où qu’il reprenne l’année pour pouvoir postulé encore. Comme c’est une nouvelle démarche, les étudiants ont pensé qu’ils vont pouvoir déposer et revenir postulé pour une deuxième fois. Donc je le précise c’est une année académique avec une allocation FONER pour celui qui rempli bien sûre les conditions qui régissent nos textes.

Parlant de session de dépôt de 2015, est ce que d’autres sessions dépôt sont en cours encore ?

Oui parce que dans l’année nous pouvons avoir 4 à 5 session, puisque je disais que les étudiants ne s’inscrivaient pas aux mêmes moments. Pour ne pas laisser des étudiants en instance, nous ouvrons de nouvelles sessions, chaque fois qu’il y’a de nouvelles inscriptions au niveau des universités. Mais ce n’est pas pour dire que les étudiants peuvent postuler plusieurs fois, chaque étudiants postule une seule fois et si son dossier est admis le paiement se fait en tranche, c’est ce qu’il faut spécifier. Par exemple, l’aide dont le montant s’élève à 175.000 FCFA est payé en quatre (4) tranches (50.000 fois 3 et 25.000FCFA) et pour le prêt, c’est la même chose sauf que la première tranche à ce niveau est de 75.000FCFA, puisque là, le montant s’élève à 225.000FCFA. Nous venons de clôturer la troisième session en ce mois de juillet mais nous sommes conscients que des étudiants s’inscrivent toujours, donc nous envisageons une autre session. Pour la session prochaine, je ne peux pas vous donner une date précise vue que nous suivons l’évolution des inscriptions pour pouvoir prendre en compte le maximum d’étudiants.

Est-ce qu’on peut savoir à quand le FONER comme le disent les étudiants ?

Nous sommes même entrain de faire le paiement actuellement à Bobo et à Koudougou, la semaine prochaine ça serait à Ouagadougou.

Quel sont les réflexions innovantes en cours pour permettre à plus d’ouverture aux étudiants ?

Nous pouvons dire que des innovations ont été déjà faites et se poursuivent toujours, nous avons ouvert des guichets au niveau des UFR et même au SIAO, ces innovations consistent à facilités le dépôt des dossiers de FONER des étudiants. Egalement nous avons ouvert une assurance accident corporel, au profit des étudiants, que nous avons adossé à la carte Academia. Avant même ces deux produits, il y’a eu la bancarisation qui permet aux étudiants de gagner en temps pour le retrait de leurs allocations et aussi qui permet à l’étudiant de pouvoir conservé son argent dans sa carte de façon sécurisée, ce qui n’était pas le cas si le paiement était manuel. Toujours dans cette même logique, nous sommes dans la réflexion pour des innovations futures mais nous préférons donner rendez-vous aux étudiants sur le terrain pour leurs mises en œuvre.

Une nouvelle note est sortie statuant que pour toute perte de carte ou de code confidentiel, l’étudiant devrait signaler au FONER et attendre 45 jours pour pouvoir renté en possession d’une nouvelle carte avant d’avoir accès à son allocation tandis qu’avant il pouvait passer chercher manuellement son argent au guiche, notamment au guichet Coris-Bank du SIAO, pourquoi donc cela ?

Il faut dire que nous avons enclenché un processus de modernisation, d’évolution, donc on ne va pas revenir au manuel. Nous sommes dans la bancarisation et lorsque l’étudiant égard sa carte ou oubli son code, nous déplorons ce fait parce qu’on suppose qu’on a affaire aux étudiants qui sont de plus en plus responsables, donc ils doivent êtres en mesure de bien garder leurs cartes afin d’éviter des désagréments qu’il crée à leur niveau et également à notre niveau. Donc le délai de 45 jours que nous avons donné est un délai de traitement de GIM UEMOA. La carte actuelle permet à l’étudiant de faire ses retraits dans la zone UEMOA et dans tous les guichets. Donc pour un étudiant qui égard sa carte, c’est tout un processus qui est engagé et ce processus répond au souci de gestion transparente et aux contraintes de technologie, qui nous permet de nous assurer que l’étudiant qui vient de perdre sa carte a toujours par exemple de l’argent dans sa carte, puisque c’est le solde de sa carte égarée qui est reversé sur la nouvelle carte. Nous n’avons pas d’autre argent à lui donner, donc s’il égard sa carte, il n’a pas d’autre choix que de se patienter.

Que sous- entend réellement l’assurance accident corporel et quelles sont ses modalités ?

Je pense que nous avons suffisamment communiqué sur ce produit, mais il faut dire que c’est un produit initié par le FONER auprès de son partenaire Coris-Bank à travers son volet assurance. Cette assurance, consiste pour un étudiant, lorsqu’il fait un accident, de pouvoir quand les faits sont constatés par la police, la gendarmerie, constitué un dossier pour déposer au niveau de coris-assurance afin de se faire indemnisé selon le niveau du sinistre qu’il a subit. Il faut relever que cette assurance est gratuite pour les étudiants, car il suffit d’être bénéficiaire du FONER. C’est aussi une donation qui fait parti de nos nouvelles initiatives qui puissent améliorer les conditions de vie des étudiants.

Un dernier mot à l’endroit des étudiants ?

Comme dernier mot, c’est d’abord rassuré les étudiants que notre but au niveau du FONER c’est d’améliorer leurs conditions de vie bien sûre au niveau des services qui sont relatifs aux attributions du FONER. Donc nous travaillons quotidiennement à améliorer l’offre de nos services, en tout cas de soulager au mieux les étudiants. C’est vrai que nous menons des actions humaines et cela ne peuvent passer sans désagréments et sans failles et nous disons aux étudiantes et étudiants que lorsqu’ils ont des difficultés, qu’ils nous approchent et nous expliquent leur problème car nous sommes disponibles à les recevoir et à échanger avec eux afin de les soulager. C’est donc vraiment une invite aux étudiants à beaucoup de sagesse et surtout quand qu’il s’agit du FONER, car les mouvements d’humeur ne servent pas, nous vivons leur situation vue que nous les recevons tous les jours. Vraiment qu’un cadre de dialogue puisse être instauré pour notre institution et aussi pour les clients que nous recevons parce que nous les considérons comme nos clients et nous devrons travailler pour leur entière satisfaction.

Alimata SAWADOGO et Rewindé.

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