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L’Arabie saoudite confirme la mort du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Istanbul

Jamal Khashoggi a bien Ă©tĂ© tuĂ© au consulat d’Istanbul, au cours d’une « rixe » qui a mal tournĂ©, a affirmĂ© Riyad samedi. Dix-huit personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es et le roi a ordonnĂ© la restructuration de la direction de l’agence gĂ©nĂ©rale du renseignement.

L’Arabie saoudite donne enfin sa version des faits. Riyad a reconnu samedi 20 octobre que le journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi, portĂ© disparu aprĂšs une visite au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre, a bien Ă©tĂ© tuĂ©.

Le procureur gĂ©nĂ©ral saoudien Cheikh al-Mojeb a publiĂ© un communiquĂ© sur le dĂ©roulement des faits. « Les discussions qui ont eu lieu entre lui et les personnes qui l’ont reçu au consulat saoudien Ă  Istanbul ont dĂ©bouchĂ© sur une bagarre et sur une rixe Ă  coups de poing avec le citoyen Jamal Khashoggi, ce qui a conduit Ă  sa mort, que son Ăąme repose en paix », a dĂ©clarĂ© le procureur.

L’annonce de la tĂ©lĂ©vision publique saoudienne

Dix-huit ressortissants saoudiens ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, a ajoutĂ© le parquet national, prĂ©cisant que l’enquĂȘte se poursuivait. Le roi Salmane a ordonnĂ© la restructuration de la direction de l’agence gĂ©nĂ©rale du renseignement, a ajoutĂ© SPA, prĂ©cisant que cette restructuration s’effectuerait sous la supervision du prince hĂ©ritier Mohammed ben Salmane (MBS).

>> À lire : « Jamal Khashoggi : sa derniĂšre tribune traduite en français »

« Compte tenu du cumul de preuves accablantes, il Ă©tait impossible pour l’Arabie saoudite d’échapper Ă  cet aveu, estime le politologue Karim Sader, interrogĂ© par France 24. La ligne de dĂ©fense de Riyad, c’est de faire en sorte que le prince hĂ©ritier MBS soit le moins possible impliquĂ© dans cette affaire. Ce qui n’est pas une tĂąche facile. »

Karim Sader, politologue : « C’est une ligne de dĂ©fense trĂšs maladroite

« Bouc-émissaire »

L’Arabie saoudite a annoncĂ© simultanĂ©ment le limogeage d’un haut responsable du renseignement. « Ahmad al-Assiri, vice-prĂ©sident du service gĂ©nĂ©ral de renseignement, a Ă©tĂ© renvoyĂ© de sa fonction », a indiquĂ© SPA, citant un dĂ©cret royal.

« C’est le bouc-emissaire, pense Karim Sader. Il est un responsable des renseignements saoudiens et c’est un proche de MBS. Comment aurait-il pu agir de son propre grĂ© sans avoir l’aval du prince hĂ©ritier ? C’est encore une fois cette ligne de dĂ©fense trĂšs maladroite de l’Arabie saoudite, et on a l’impression que les Saoudiens prennent conscience qu’ils se retrouvent la main dans le sac. »

Un conseiller de haut rang Ă  la cour royale, Saoud al-Qahtani, a lui aussi Ă©tĂ© limogĂ©, selon la mĂȘme source.

Trump trouve la version saoudienne crédible

Jamal Khashoggi s’Ă©tait exilĂ© il y a plus d’un an aux États-Unis. Il Ă©crivait rĂ©guliĂšrement dans le Washington Post des tribunes hostiles Ă  la politique saoudienne et au prince hĂ©ritier Mohammed ben Salmane.

La rĂ©action de Washington n’a pas tardĂ©. À un journaliste qui lui demandait s’il jugeait la version de Riyad « crĂ©dible », Donald Trump a rĂ©pondu : « Oui, oui ». « Encore une fois, il est tĂŽt, nous n’avons pas fini notre Ă©valuation ou enquĂȘte mais je pense qu’il s’agit d’un pas trĂšs important », a-t-il ajoutĂ©.

« Nous sommes attristĂ©s d’apprendre que la mort de M. Khashoggi a Ă©tĂ© confirmĂ©e », a affirmĂ© un peu plus tĂŽt la porte-parole de l’exĂ©cutif amĂ©ricain, Sarah Sanders. « Les États-Unis prennent note de l’annonce par le royaume d’Arabie saoudite que l’enquĂȘte sur le sort de Jamal Khashoggi progresse et qu’il (le royaume, NDLR) a entrepris des actions Ă  l’encontre des suspects qui ont Ă©tĂ© pour l’instant identifiĂ©s », a-t-elle ajoutĂ©.

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Antonio Guterres, est « profondĂ©ment troublĂ© par la confirmation de la mort de Jamal Khashoggi », selon un communiquĂ© des Nations unies. Il « souligne la nĂ©cessitĂ© d’une enquĂȘte rapide, approfondie et transparente sur les circonstances du dĂ©cĂšs » du journaliste, et que « ceux qui en sont responsables rendent pleinement compte » de leurs actes, ajoute le communiquĂ© de l’ONU.

Des Ă©lus amĂ©ricains se sont montrĂ©s nettement plus durs que la Maison Blanche aprĂšs l’annonce saoudienne. Le sĂ©nateur Lindsey Graham, un proche alliĂ© de Donald Trump, a mis en doute la crĂ©dibilitĂ© de Riyad. « Dire que je suis sceptique sur la nouvelle version saoudienne sur M. Khashoggi est un euphĂ©misme », a tweetĂ© le sĂ©nateur rĂ©publicain.

Avec AFP et Reuters

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