Bamako Les autoritĂ©s maliennes nâont pas renoncĂ© Ă leur souhait dâ ĂȘtre entendues sur les liaisons supposĂ©es entre la France et les groupes jihadistes qui dĂ©stabilisent leur pays depuis une dĂ©cennie. Devant le Conseil de sĂ©curitĂ©, ce mardi 18 octobre, le ministre malien des Affaires Ă©trangĂšres, Abdoulaye Diop a rĂ©itĂ©rĂ© la demande de sonâŠ
APA â Bamako (Mali) Les autoritĂ©s maliennes nâont pas renoncĂ© Ă leur souhait dâĂȘtre entendues sur les liaisons supposĂ©es entre la France et les groupes jihadistes qui dĂ©stabilisent leur pays depuis une dĂ©cennie.
Le Mali est dĂ©terminĂ© Ă prĂ©senter les « preuves concrĂštes » que la junte au pouvoir depuis mai 2021 suite Ă un coup dâEtat contre le prĂ©sident Bah NâDao, affirme dĂ©tenir sur des « actes de duplicitĂ©, dâespionnage et de dĂ©stabilisation de la France » Ă son encontre.
Devant le Conseil de sĂ©curitĂ©, ce mardi 18 octobre, le ministre malien des Affaires Ă©trangĂšres, Abdoulaye Diop a rĂ©itĂ©rĂ© la demande de son pays Ă ĂȘtre entendu sur ces accusations portĂ©es depuis le 15 aoĂ»t dernier contre lâancienne puissance coloniale.
Pour le chef de la diplomatie malienne, il est important que lâopinion publique internationale soit informĂ©e de ces actes qui impliquent Ă©galement le « partage de renseignements, le largage de matĂ©riels au profit dâorganisations criminelles qui sont Ă lâorigine de lâinsĂ©curitĂ© et des violations contre les populations civiles ».
« Le Mali dĂ©nonce la guerre par procuration qui lui est imposĂ©e tout comme les manĆuvres et les entraves Ă la tenue de cette rĂ©union spĂ©cifique pour la manifestation de la vĂ©rité», a insistĂ© le ministre malien, qui prĂ©sentait le mĂ©morandum du gouvernement de la transition suite Ă la publication du rapport trimestriel du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies sur la situation politique, sĂ©curitaire et humanitaire au Mali.
« Le Mali se réserve le droit de recourir à la légitime défense si la France continue de porter atteinte à la souveraineté de notre pays, à son intégrité territoriale et à sa sécurité », a poursuivi Abdoulaye Diop.
Accusations diffamatoires selon Paris
« Je regrette profondément les accusations graves et infondées portées contre la France de maniÚre répétée par les autorités de transition malienne », a réagi le représentant permanent de la France aux Nations unies, Nicolas de RiviÚre.
« Je rappelle que la France sâest engagĂ©e pendant neuf ans aux cĂŽtĂ©s du Mali Ă la demande de ce pays pour combattre les groupes terroristes et que 59 soldats ont payĂ© le prix de leur vie dans ce combat », a ajoutĂ© le diplomate français, soulignant que son pays nâa « jamais violĂ© lâespace aĂ©rien malien ».
Les relations entre Bamako et Paris se sont dĂ©gradĂ©es aprĂšs que le prĂ©sident français a annoncĂ© le retrait de lâopĂ©ration Barkhane du Mali en juin 2021. Mais selon lâambassadeur de France Ă lâOnu, « ce redĂ©ploiement a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© le 17 fĂ©vrier dernier Ă la suite dâune concertation approfondie avec lâensemble des partenaires engagĂ©s dans la lutte contre le terrorisme au Sahel ».
« Elle reposait sur le constat que les conditions politiques et opĂ©rationnelles nâĂ©taient plus rĂ©unies », a expliquĂ© Nicolas de RiviĂšre, faisant allusion au recours par Bamako au service dâ« instructeurs russes » selon les autoritĂ©s de la transition, mais de « mercenaires » de la compagnie militaire privĂ©e Wagner dâaprĂšs plusieurs mĂ©dias et diplomates occidentaux, pour lutter contre les groupes jihadistes.

