rapport général provisoire de l’atelier
d’évaluation du degré de mise en œuvre du
système licence–master–doctorat (LMD) dans
les universités publiques, Koudougou, Du 14 au 16 avril 2015
Burkina Faso
INTRODUCTION
Le Burkina Faso s’est résolument engagé dans le processus de la réforme du son système d’enseignement supérieur avec l’introduction, dans la lettre de politique éducative de 2008, du système « Licence-Master-Doctorat » (LMD) comme mode d’enseignement supérieur. Cette réforme est conforme aux dispositions de la Directive n°03/2007/CM/UEMOA du 4 juillet 2007 qui recommandait aux pays membres d’ « adopter le LMD comme cadre de référence des diplômes délivrés dans les universités et établissements d’enseignement supérieur implantés sur le territoire de l’union ».
Cette réforme du système d’enseignement supérieur est apparue comme une nécessité pour un enseignement de qualité en congruence avec les standards internationaux en la matière.
Pour faire le bilan à mi-parcours de la mise en oeuvre du système, le ministère des
Enseignements secondaire et supérieur (MESS) a organisé un atelier de recadrage et
d’harmonisation assorti de recommandations les 15, 16 et 17 avril 2013.
La mise en oeuvre du système LMD, bien qu’adopté dans toutes les UFR de l’Université de Ouagadougou avec sa généralisation progressive aux autres universités publiques, est quelque peu entravée par des difficultés de tous ordres.
Les états généraux de l’enseignement supérieur, tenus en juin 2013, ont confirmé ces
obstacles auxquels des actions ont été proposées pour améliorer la pratique.
Mais, à l’étape actuelle, quel est le niveau d’avancement de la mise en oeuvre du système LMD ? Pour y répondre, le MESS a adressé aux acteurs et partenaires de l’enseignement supérieur un canevas portant sur le l’état des lieux de la mise en oeuvre du LMD et les recommandations. Pour les universités publiques la synthèse de leurs productions a été faite lors d’un atelier préparatoire qui a connu la participation des quatre universités et des services techniques du ministère. Quant aux partenaires sociaux, sur les quatre syndicats de l’enseignement supérieur (le SYNATOSUB, le SYNADEC, le SNESS et la F SYNTER), seuls les rapports provenant du SYNATOSUB et du SYNADEC ont été reçus. Quatre associations
d’étudiants (la FESCIBF, l’UNARES, l’UGEB et l’ANEB) ont transmis leurs rapports ; l’UESB, l’UNEF, l’ASEF, le MEFA et la FESB n’ont pas envoyé de rapports. Pour les trois organisations des promoteurs privés (l’UNEEP-L, le SNEC et la CEPES) seule l’UNEEP-L a répondu. Il s’est agi, pour cet atelier bilan du degré de mise en oeuvre du système LMD au Burkina Faso tenu les 14, 15 et 16 avril 2015, dans la Salle de Réunion de l’hôtel Pousga à Koudougou, de :
– faire l’état des lieux de la mise en oeuvre du LMD dans les institutions enseignement
supérieur publiques ;
– identifier les insuffisances et les difficultés liées à la mise en oeuvre ;
– analyser les insuffisances et les difficultés rencontrées ;
– faire des propositions de solutions ;
– faire des recommandations à l’endroit des différents acteurs.
Cette évaluation s’est basée sur les différents rapports produits par ces acteurs et
partenaires de l’enseignement supérieur représentés à cet atelier par des enseignantschercheurs des différentes universités, le personnel ATOS, les représentants des syndicats d’enseignants, des associations d’étudiants et des organisations de promoteurs privés.
LA CEREMONIE D’OUVERTURE
. Placée sous la présidence du Ministre des Enseignements secondaire et supérieur, la cérémonie d’ouverture a été présidée par madame SANKARA/OUEDRAOGO Aminata, Directrice de Cabinet, représentant le Ministre des Enseignements secondaire et supérieur. La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par deux interventions. Le mot de bienvenue a été prononcé par monsieur Sibiri de Issa OUEDRAOGO, Secrétaire général, représentant madame le Gouverneur de la Région du Centre-ouest. Il s’est tout d’abord réjoui du choix porté sur la région du Centre-ouest pour la tenue de cet atelier bilan de la mise en oeuvre du LMD. Il a ensuite souhaité la bienvenue aux participants et a souhaité que les réflexions et les résultats issus de l’atelier soient à la hauteur des attentes pour un enseignement supérieur de qualité. Il a interpellé les acteurs du monde universitaire sur la nécessité de renforcer ensemble et durablement les bases d’un enseignement supérieur de qualité, de veiller à positionner nos universités comme des pôles d’excellence en phase avec les politiques de développement initiées par nos pays et de savoir s’adapter aux exigences du moment sans pour autant renoncer à son identité. Il s’est également dressé aux enseignants chercheurs qu’il a félicités pour leur sens du devoir et les sacrifices consentis afin de renforcer la qualité et la pertinence de l’enseignement supérieur. Quant aux étudiants, il leur a rappelé le devoir de booster le développement de notre pays par leur intelligence et leurs compétences en tant qu’avenir de notre nation.
Dans son discours d’ouverture, madame SANKARA née OUEDRAOGO Aminata, a tout d’abord situé l’objectif de l’atelier qui est d’évaluer le degré de mise en oeuvre du système LMD au Burkina Faso. Le système LMD, a-t-elle tenu à préciser, est une réforme de l’enseignement supérieur qui vise non seulement la qualité mais aussi et surtout une adéquation entre la formation et les besoins de la société et de la Nation dans le cadre de leur processus de développement.
A partir des directives du Conseil africain et malgache pour l’Enseignement supérieur (CAMES) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) relatives à la mise en oeuvre de la réforme du LMD dans les Etats membres, le processus de mise en oeuvre de ce système a connu plusieurs étapes dont mise en place de structures de communication/sensibilisation dans les Institutions d’Enseignement Supérieur (IES), la mise en place d’une équipe d’appui à la mise en oeuvre du LMD au Burkina Faso et l’organisation du Symposium national sur le LMD en mai2011.
Elle a ensuite présenté les Etats Généraux de l’Enseignement Supérieur, organisés en juin 2013, comme un moment important dans ce processus tant du point de vue des grandes recommandations que de celui de l’élaboration et de l’adoption un Plan national d’Actions de Développement de l’Enseignement supérieur (PNADES).
Au regard des difficultés que rencontre ce processus de mise en oeuvre du LMD, la
représentante de monsieur le ministre des Enseignements secondaire et supérieur estime qu’il est opportun que les différents acteurs du monde universitaire se retrouvent, à cette étape, en vue d’échanger et de proposer des solutions aux difficultés et aux insuffisances qui entravent la bonne marche du système éducatif dans nos universités publiques.
Elle a poursuivi en lançant un appel à tous les acteurs afin que chacun prenne ses
responsabilités. Elle a appelé l’administration des universités à veiller au respect des
dispositions légales et réglementaires dans la gouvernance des institutions d’enseignement supérieur , les enseignants-chercheurs à s’acquitter de leurs obligations statutaires par le respect des emplois de temps, du calendrier des évaluations, des corrections et par leur participation aux délibérations des jurys et les étudiants à respecter les différents calendriers académiques soumis par l’administration et éviter de dicter leurs desiderata quant à la fixation de ces calendriers. Elle a terminé son propos en se réjouissant de la qualité des femmes et des hommes réunis pour cet atelier qui augure de la bonne qualité des conclusions des travaux qui en seront issus. Sur cette note d’assurance, madame la Directrice de Cabinet a déclaré ouvert, au nom du ministre, l’atelier bilan du degré de mise en oeuvre du LMD au Burkina Faso.
A l’issue de la cérémonie d’ouverture, les participants ont adopté le chronogramme de
travail après la vérification du quorum. Ainsi les travaux de l’atelier sont organisés autour des points suivants :
•Plénière autour de la présentation des synthèses des différentes structures ;
•Présentation des conclusions de la réunion du réseau pour l’Excellence de
l’Enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO) tenue à Niamey…. 2015 ;
•Travaux en commission ;
•Séance plénière pour l’adoption des travaux des commissions et adoption du
rapport général de l’atelier ;
•Cérémonie de clôture.
DE LA SYNTHESE DES PRESENTATIONS
Lors des plénières, les synthèses des travaux produits par les acteurs de
l’Enseignement supérieur ont été présentées à l’ensemble des participants. De ces différentes productions, il ressort des Constats, une analyse de la situation et des recommandations fortes à l’endroit des Autorités burkinabè, à savoir leGouvernement, le Ministère en charge de l’Enseignement supérieur et les Universités.
Du constat fait sur la mise en oeuvre du LMD dans les Université publiques, les
documents font ressortir :
Pour l’organisation administrative
•une incompréhension des mécanismes institutionnels et juridiques par l’ensemble des acteurs de la communauté universitaire (enseignants, étudiants, personnel ATOS) ;
•la nécessité de refonder les textes juridiques pour y intégrer les Brevet de Technicien Supérieur (BTS) et les diplômes d’ingénieur qui correspondent à des profils encore recherchés sur le marché de l’emploi et lors des recrutements par l’Etat ;
•l’inexistence d’un dispositif efficace de coordination pour la mise en oeuvre du système LMD dans le secteur privé de l’enseignement supérieur ;
Pour l’organisation pédagogique
•le non partage et la non matérialisation des nouvelles méthodes d’enseignement du
LMD par l’ensemble des acteurs ;
•la difficulté pour certaines universités d’appliquer les nouvelles méthodes
d’enseignement, en témoigne la similitude dans certains cas de ces méthodes par
rapport à celles du système classique avec une baisse significative des volumes
horaires des différentes matières et une suppression de certains travaux pratiques des
programmes d’enseignement.
•Les avantages de l’évaluation semestrielle pour l’apprentissage continu des étudiants ; Cela implique pour les techniques d’évaluation :
•le statu quo par rapport à l’ancien système.
Toutefois les acteurs, en l’occurrence les étudiants et les enseignants sont favorables à l’évaluation semestrielle pour l’apprentissage continu des étudiants.
Pour l’organisation de recherche
•le constat de nombreuses insuffisances dans l’application des textes existants
notamment la non représentativité du collège électoral, la gestion opaque et
personnalisée des laboratoires, le manque du suivi des thèses de doctorat et l’absence d’une animation des laboratoires ;
•l’absence dans les textes des écoles doctorales des dispositions relatives à l’éthique et à la déontologie ;
•la présence flagrante de problèmes d’ordre structurel et organisationnel des écoles
doctorales dus en partie au manque d’enseignants de rang A pour encadrer les
thèses ; notamment dans les filières de gestion ;
•l’absence de développement significatif de la recherche dans les universités publiques et privées du fait de l’insuffisance des bourses pour encourager les études doctorales ; Cependant, dans les Universités publiques, on note l’ouverture et le fonctionnement effectif de huit Ecoles doctorales soit : trois à l’Université de Ouagadougou, trois à l’Université Polytechnique de Bobo Dioulasso et une respectivement dans les Universités Ouaga II et de Koudougou.Des organes (Direction, laboratoires, conseil) y ont été mis en place et certaines Ecoles ont organisé à ce jour des manifestations scientifiques et des soutenances de thèse.
Même si des efforts significatifs restent à faire, il faut reconnaître que l’organisation du
niveau Doctorat selon le système LMD dans les écoles doctorales a permis :
•le détachement des laboratoires du fonctionnement des UFR ;
•une meilleure structuration administrative et scientifique des formations doctorales et du partenariat au niveau national et international dans le domaine de la recherche.
Toutefois, un constat fait par les enseignants du supérieur est la présence du nombre
pléthorique de laboratoires de recherche, en lieu et place de grands laboratoires
thématiques qui tiennentcompte des priorités du pays.
Après ce constat, une analyse de la situation a été présentée et a permis de mettre en exergue quelques acquis mais aussi et surtout des insuffisances et les difficultés rencontrées dans la mise en oeuvre du système Licence-Master-Doctorat.
Pour les acquis engrangés nous avons :
•l’adoption des textes législatifs et réglementaires sur le LMD ;
•la reconnaissance des formations par les institutions internationales comme le Réseau pour l’Excellence dans l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest (REESAO), le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) et l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ;
•l’adhésion au système d’enseignement supérieur au niveau mondial ;
•le soutien et l’accompagnement des universités pour les formations des acteurs à
l’assurance qualité et à la pédagogie universitaire par l’UEMOA, le CAMES,
l’UNESCO, etc.
•la capitalisation des Unités d’Enseignements (UE) validées ;
•l’organisation des écoles doctorales : création de centres, de laboratoires et d’équipes de recherche ;
•l’élaboration des curricula ;
•la diversification et la professionnalisation des offres de formation ;
•l’amélioration de la collaboration entre les institutions d’enseignement supérieur tant au niveau national qu’international ;
•une réduction des volumes horaires de certains enseignements qui étaient inutilement élevés ;
•laprise en compte de l’efficacité externe des enseignements dispensés avec un accent particulier sur l’employabilité des diplômés ;
•l’harmonisation progressive des méthodes d’enseignement et d’apprentissage et une plus grande responsabilité des étudiants ;
•latenue de symposium et d’ateliers de formation de certains acteurs sur le
fonctionnement du système ;
Comme insuffisances les acteurs notent :
•la non mise en oeuvre des recommandations du Symposium national sur le LMD, de l’atelier de recadrage et d’harmonisation de la mise en oeuvre du LMD, du Comité ad hoc de réflexion sur l’université du Burkina Faso et des Etats généraux de
l’enseignement supérieur ;
•un accompagnement infrastructurel et logistique insuffisant(vidéoprojecteur, connexion internet etc.) ;
•lemanque de formation/sensibilisation des acteurs (enseignants, étudiants,
gestionnaires d’établissements et instituts privés) ;
•l’absence d’un mécanisme de financement des infrastructures, des formations et de la technologie (bibliothèques numériques, logiciel, équipements informatiques, internet, etc.) ;
•l’absence d’harmonisation des programmes de certaines filières ;
•les conditions sociales difficiles des étudiants burkinabè ;
•la faiblesse des budgets alloués aux universités ;
•l’insuffisance de valorisation de la fonction d’enseignant et la responsabilité
administrative ;
•l’absence de mesures d’accompagnement pédagogique, financier, administratif
(équipes pédagogiques, tutorat, jurys de correction, organisation des délibérations…) ;
•l’absence d’une coordination de la mise en oeuvre du LMD au niveau national.
En ce qui concerne les difficultés rencontrées, ce sont les principales qui ont été
présentées, à savoir :
•la gestion difficile des scolarités, des examens et des délibérations des jurys faute de logiciel adéquat ;
•le maintien des diplômes intermédiaires (BTS, DTS, maitrise)
•le chevauchement des années dans certains établissements ;
•l’insuffisance d’enseignants permanents dans les structures privées ;
•le non-respect du calendrier semestriel dans de nombreux établissements ;
•l’absence d’autonomie chez les étudiants ;
•les effectifs pléthoriques des étudiants dans les salles de cours qui plombent
l’organisation des enseignements et des évaluations ;
•la disparité des présentations des diplômes du LMD ;
•le manque d’outils informatiques de gestion de la scolarité, des notes, des attestations
de réussite, des relevés de notes et des diplômes ;
•l’immixtion des étudiants dans la programmation des évaluations et des cours ;
•l’inadaptation des procédures financières au fonctionnement et à la gestion des
institutions d’enseignement supérieur (IES) ;
•l’immixtion de plus en plus importante du politique dans le pédagogique ;
•la réticence de certains acteurs au changement ;
•l’insuffisance de formation des enseignants à la pédagogie universitaire ;
•le retard dans l’acquisition des équipements (documentation, vidéoprojecteurs,
plateforme pour les cours…) ;
•le retard dans la prise en compte des concepts comme « enseigner autrement »,
« évaluer autrement », « travail personnel étudiant »… ;
•l’absence de textes relatifs à la coexistence de diplômes ne faisant pas partie des
diplômes du système LMD et des passerelles d’insertion académique ;
•la non prise en compte par la fonction publique des diplômes du système LMD ;
•la délivrance de diplômes par des centres de formation professionnelle, écoles et
instituts de formation supérieure rattachés aux ministères autres que ceux de
l’éducation ;
•la difficulté de prise en compte des diplômes du système LMD dans la formation des enseignants du préscolaire, du primaire, du post-primaire et du secondaire ;
•la non-conformité des programmes de formation professionnelle au référentiel du LMD.
Cependant, les associations d’étudiants semblent avoir un avis contraire à celui des
Syndicats d’enseignants et des Universités. Les principales difficultés qu’ils présentent sont :
•le faible taux de succès des étudiants aux examens de passage en année supérieure ;
•la dégradation de la qualité de la formation ;
•le retard académique ;
•le chevauchement et la non maitrise des curricula.
La présentation de ce rapport s’est achevée par des recommandations à l’endroit du
Gouvernement, du Ministère des Enseignements secondaire et Supérieur (MESS) et des Universités. Ainsi, les acteurs recommandent :
A l’endroit du gouvernement
•la sensibilisation des autres ministères, notamment le Ministère de la Fonction
Publique, du Travail et de la Sécurité Sociale ;
•l’arrêt de l’ingérence de la politique à l’université par l’imposition de la délivrance
d’attestations intermédiaires qui est contraire aux textes du système LMD ;
•l’affectation suffisante d’étudiants dans les universités et instituts privés pour
désengorger les universités publiques ;
•la suppression des droits de douanes et de la TVA sur l’importation du matériel
pédagogique et des matériaux de construction destinés aux établissements privés
d’enseignement supérieur ;
•l’adoption d’une stratégie régionale ou sous-régionale en vue de résoudre la
problématique del’énergie et de l’accès à internet pour une véritable révolution
numérique ;
•la mise en place d’un comité national de suivi de la mise en oeuvre du LMD dans lequel tous les ministères concernés seront représentés ;
•la relecture des textes des universités publiques ;
•l’opérationnalisation dans les meilleurs délais de l’inscription et du paiement en ligne ;
•la revalorisation des fonctions de responsabilité administrative et académique dans les institutions d’enseignement supérieur(IES) ;
•la revalorisation des fonctions de responsabilité administrative des titulaires de
l’enseignement supérieur exerçant dans l’administration publique ;
•l’adaptation des emplois du public et du privé aux diplômes du LMD ;
•la poursuite du renforcement des ressources humaines, en étoffant l’effectif du corps enseignant ;
•l’adoption d’un code d’éthique et de déontologie ;
•l’augmentation du nombre des infrastructures pédagogiques (salles de cours, de
travaux dirigés et de travaux pratiques, laboratoires de recherche, bureaux des
enseignants, etc.) ;
•la revalorisation de la fonction d’enseignant ;
•la révision de la rétribution des membres de jurys de correction des copies et
d’évaluation ;
•l’augmentation conséquente des budgets des universités en tenant compte non
seulement de la mise en oeuvre du LMD mais aussi en prenant en compte
l’accroissement régulier du nombre des étudiants.
Quant à L’ANEB, l’UGEB et la F-SYNTER, ils recommandent au Gouvernement :
•la suspension de l’application du système LMD ;
•la nécessité de réunir les conditions pour son application.
A l’endroit du MESS
•l’organisation des sessions de formation sur le LMD au profit des acteurs du système
LMD (enseignants du public et du privé, étudiants, gestionnaires d’établissements,
personnel administratif technique ouvrier et de soutien (ATOS) ;
•la réalisation d’unplaidoyer auprès du CAMES pour promouvoir la carrière des
enseignants permanents du privé ;
•la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement des établissements privés dans le système LMD ;
•l’adoption de textes sur l’harmonisation de la pratique du système LMD dans les
universités publiques ;
•la mise en place d’un système d’orientation et de conseil des étudiants au niveau
national ;
•l’adoption de textes portant règlementation des interventions des enseignants chercheurs dans les IES privées ;
•la définition d’un cadre juridique de coopération inter-universitaire, de gestion de
compétences et de partage de ressources humaines nationales ;
•l’adoption de textes qui favorisent la création, le fonctionnement et la formation dans les niveaux Master et Doctorat des universités ;
•la prise en compte des exigences sociales et administratives du LMD par toutes les structures intervenant dans la gestion des étudiants.
A l’endroit des Universités
•le suivi et l’harmonisation des manuels de procédure sur l’organisation des examens ;
•la création et l’entretien d’un cadre de discussion autour des corrections des copies de même que l’encadrement et l’évaluation des travaux de recherche (mémoires et thèses) ;
•la signature de partenariats avec les établissements privés d’enseignement supérieur
pour donner l’accès aux infrastructures de recherche parles enseignants du privé ;
•l’amélioration considérable des conditions de vie et d’études des étudiants ;
•la mise en oeuvre des recommandations de la structuration des IES conformément aux recommandations de l’atelier de recadrage du LMD d’avril 2013 à Bobo-Dioulasso ;
•la nomination de responsables dans tous les parcours ;
•une meilleure sensibilisation des étudiants sur le LMD ;
•l’opérationnalisation de l’usage d’un outil de gestion automatisée des inscriptions et du suivi académique des étudiants ;
•l’adaptation des enseignements à la réforme LMD ;
•la réorganisation des établissements des IES en fonction du système LMD ;
•le respect du calendrier et du temps didactique (semestrialisation, programmation des évaluations, correction, délibérations, volumes horaires) ;
•le respect de la durée maximale de validation d’un grade par les étudiants ;
•la révision des curricula pour les adapter aux exigences du LMD ;
•le renforcement de la ligne budgétaire du LMD pour les équipements et les formations dans le champ du LMD ;
•la mise en place d’un schéma directeur numérique conformément aux
recommandations du Réseau pour l’Excellence dans l’Enseignement Supérieur en
Afrique de l’Ouest(REESAO) ;
•le soutien à la numérisation des modules de formation ;
•la formation du personnel enseignant à la conception d’outils d’évaluation utilisant les TIC ;
•la mise à disposition de documentations en ligne ;
•la mise en ligne des cours et l’exploration de toutes les pistes d’intégration
pédagogique des TIC à travers la facilitation de l’acquisition d’outils pédagogiques par
les enseignants (ordinateurs portables, kit de connexion internet) ;
•l’augmentation de la capacité des établissements en matériel didactique (doter toutes les salles de systèmes de vidéo-projection,de tableaux modernes, etc.) ;
•l’établissement d’un système de contrat de performance et/ou d’une charte des
évaluations ;
•la création de fonds de la recherche au profit des écoles doctorales ;
•l’institution des primes de productions scientifiques incitatives, à l’exemple de certains pays de l’espace UEMOA ;
•l’équipement des laboratoires de recherche ;
•la création d’équipes mixtes de recherche Université-Centres nationaux et
internationaux de recherche.
Suite aux différentes présentations, des échanges sous forme de questions, remarques et suggestions ont eu lieu et ont permis aux participants de mieux comprendre les constats faits, les analyses de la situation ainsi que les recommandations.
A l’issue de ces échanges, le Professeur Stanislas OUARO, Président de l’Université
Ouaga II et Vice-président du Réseau pour l’Excellence de l’Enseignement Supérieur en Afrique de l’Ouest, a présenté les conclusions du Rapport général de la réunion des Recteurs et Présidents des Universités membres dudit Réseau.
Cette présentation s’est d’abord articulée autour de l’historique du REESAO (origine,
fonctionnement, composition, etc.), puis sur la thématique abordée lors de la dernière réunion à savoir « Crise universitaire et paix sociale sur le campus ».
De cette réunion il ressort que les Universités membres du Réseau présentent les mêmes types de difficultés quant à la mise en oeuvre du LMD et les crises récurrentes observées sur les campus. Ainsi, les principales causes relevées ont notamment trait à :
Sur le plan des infrastructures et équipements :
•l’insuffisance notoire d’infrastructures académiques (amphithéâtres, laboratoires,
bibliothèques, salles multimédias, etc.) ;
•l’insuffisance quantitative et qualitative des oeuvres universitaires (hébergement,
restauration, prestation sanitaire, transport,…) ;
Sur le plan financier :
•l’insuffisance notoire des ressources budgétaires pour les Universités ;
•l’irrégularité du paiement des bourses et autres allocations sociales ;
•la très faible participation des apprenants au financement de leur formation.
Sur le plan de la mise en oeuvre du LMD :
•les difficultés inhérentes à la mise en oeuvre de la réforme LMD ;
•l’inadaptation des emplois de la fonction publique au système LMD ;
•les difficultés d’accès au marché de l’emploi accentuant les frustrations.
Sur le plan de la gouvernance :
•les frustrations liées à la gouvernance académique ;
•le problème d’interprétation des franchises universitaires et autres textes régissant les libertés de pensées et d’expression ;
•le problème d’interprétation des textes régissant le fonctionnement des Universités ;
•la corruption et l’impunité sous toutes ses formes.
Sur le plan social :
•l’insuffisance de formation syndicale des membres de la communauté universitaire ;
•l’instrumentalisation des membres de la communauté universitaire par le politique et les organisations de la société civile ;
•l’insuffisance et/ou le refus du dialogue.
Il apparaît donc très clairement que les crises de l’enseignement supérieur dans les pays membres du REESAO entraînent une baisse notable et dommageable du rendement interne et externe des institutions censées accompagner les sociétés dans leur choix stratégique en vue du développement.
Ainsi, pour que nos Universités soient davantage perçues comme des havres de paix, de savoir, de savoir-faire et de savoir-être pour un meilleur développement de nos Etats et de nos sociétés, plusieurs pistes de solutions peuvent être explorées. Il s’agit :
•d’ériger l’enseignement supérieur au rang de priorité nationale à travers l’adoption d’une loi de programmation ;
•d’élaborer une politique nationale de l’enseignement supérieur dans chaque Etat de
l’espace UEMOA ;
•de faire respecter l’autonomie des Universités et les franchises universitaires à travers une bonne gouvernance ;
•d’élaborer et de mettre en place un plan de communication interne et externe efficace ;
•de généraliser la création d’un cadre inclusif de prévention, de gestion et de résolution des conflits au sein des Universités ;
•d’instaurer l’Assurance-Qualité dans toutes les Universités ;
•d’adopter une politique nationale du numérique éducatif ;
•de prendre en compte les diplômes du système LMD dans la codification des emplois de la fonction publique.
PLÉNIÈRES
Des échanges avec le Pr Filiga Michel SAWADOGO, Ministre des Enseignements
secondaire et supérieur
Le Pr Filiga Michel SAWADOGO a tenu à s’adresser aux participants pour leur exprimer ses encouragements au regard de l’importance des travaux dans un contexte de difficultés de mise en oeuvre du LMD. Il a invité les participants à orienter leurs réflexions sur comment faire avancer le LMD ?
Pour ne pas attendre d’obtenir tous les moyens avant de s’engager pleinement, il a
invité toutes les parties prenantes à jouer leur partition ; les étudiants doivent accepter de faire des sacrifices en vue d’accélérer la résorption du retard et les enseignants devraient oeuvrer à commencer assez tôt les cours, à programmer les examens de manière ferme. Quant au
gouvernement il jouera sa partition. En tout état de cause tous les acteurs du système doivent tendre vers des mesures d’adaptation pour respecter les délais et calendriers car il s’agit de sauver nos universités, la jeunesse et le pays tout entier.
Les échanges se sont poursuivis avec les questions des participants auxquelles le
ministre à apporter des éléments de réponse.
Des travaux en commission ont lieu dans la journée du mercredi 15 janvier 2015. Les
participants se sont répartis dans les commissions dont les thèmes sont :
Commission 1 : Constat
Commission 2 : Analyse de la situation
Commission 3 : Recommandations
L’objectif était d’enrichir les différents bilans élaborés et présentés au participants lors des plénières de la première journée. Nous rappelons que les documents dont il est question sont issus des contributions de d’acteurs du monde universitaire à savoir les Universités publiques (Université de Ouagadougou, Ouaga II, Polytechnique de Bobo Dioulasso et de Koudougou), les syndicats d’enseignants (SYNADEC), les syndicats du personnel ATOS (SYNATOSUB),les associations d’étudiants (UGEB et ANEB) et les acteurs des structures de l’enseignement supérieur privé (UNEEP-L).
Ainsi, Seules les Commissions 1 et 3 ont faits des propositions en vue de compléter les constats et les recommandations dans la mise en oeuvre du LMD. Ces compléments sont les suivants :
Commission 1
Organisation pédagogique
Les membres précisent qu’au niveau des méthodes d’enseignements on doit également tenir compte du fait que :
•le principe d’enseigner et d’évaluer autrement n’est pas maîtrisé par les acteurs et leur engagement à s’approprier le système LMD semble faire défaut ;
•certains enseignements sont programmés de manière irrégulière ;
•certains supports de cours, indispensables, ne sont pas disponibles, en particulier les cours en ligne pour accompagner les formations ;
•le principe d’étudier autrement n’est pas assimilé par les apprenants ;
•les universités ne disposent pas de réseaux informatiques de haut débit et les acteurs (enseignants, étudiants et personnel ATOS) ne sont pas suffisamment équipés en matériels informatiques.
En ce qui concerne le système d’évaluation ils signalent que :
•le principe d’évaluer autrement les apprenants n’est pas effectif dans les différentes
formations.
•l’application actuelle du système LMD ne permet pas de respecter l’organisation en
semestres des enseignements ;
•le système actuel d’évaluation et de délibérations à deux tours rallonge
considérablement la durée des semestres ;
•la gestion de l’occupation des salles non rationnelle entraîne des retards de
programmation des enseignements et des évaluations.
Pour la question de l’inscription au niveau Master la commission indique que le contenu des formations au niveau de certaines Licences ne permet pas une insertion
professionnelle ; ce qui augmente la demande d’inscription au niveau de certains Master. Elle ajoute que l’ouverture et l’accès au Master sont limités par la capacité d’encadrement.
Au niveau de l’accompagnement financier un constat est fait sur la faible contribution des apprenants à leur formation, entraînant ainsi une résistance de leur part à investir de manière substantielle pour leurs études.
Recommandations
En conséquence la commission a recommandé, par rapport à deux de ces constats :
•l’encouragement des enseignants à élaborer des cours en ligne et des supports de
cours ;
•la programmation des enseignements sous forme de mission pour une rapidité
d’exécution.
Commission 3 :
Les participants de cette commission ont proposé, en plus des recommandations déjà
élaborées :
A l’endroit du gouvernement
•l’inscription de l’enseignement supérieur et la recherche comme une priorité de l’action
gouvernementale ;
•l’allégement des procédures d’intégration des enseignants recrutés ;
•la facilitation de la procédure de passation des marchés pour la construction de ces infrastructures dans les universités publiques ;
•le développement d’un partenariat public-privé dans les domaines de certaines
formations spécifiques ;
•la mise en oeuvre de la recommandation de l’UNESCO en matière de taxation
douanière sur l’acquisition des TIC et matériel pédagogique ;
•l’arrêt des ingérences politiques à l’université ;
Les membres de la Commission ont noté que les débats se sont focalisés sur la suspension ou pas de la reforme LMD. Ainsi, certains représentants d’étudiants (ANEB et UGEB) et des enseignants (F-SYNTER) ont préconisé la suspension de la réforme en attendant que le Gouvernement réunisse les moyens nécessaires à sa mise en oeuvre. La commission a également fait des recommandations relative à :
•l’inscription de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique comme une
priorité de l’action gouvernementale ;
•la formation des délégués de classe ;
•la formation du personnel administratif ;
•la dotation des scolarités des moyens adéquats et de personnel qualifié ;
•la recherche des voix et moyens pour résorber le retard dans les universités ;
•l’acquisition et l’opérationnalisation de l’usage d’un outil de gestion automatisé de
salles de cours.
Les rapporteurs

