Pour la troisiĂšme journĂ©e consĂ©cutive, le Bangladesh est en proie Ă des tensions religieuses entre la majoritĂ© musulmane et la minoritĂ© hindou, qui ont fait au moins 4 morts et 150 blessĂ©s. AprĂšs des actes de vandalisme sur des lieux de culte qui ont dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en affrontements Ă Dacca et Chittagong, notamment, des milliers de fidĂšles ont manifestĂ© ce vendredi 15 octobre dans la capitale contre ce quâils voient comme une insulte Ă lâIslam.
Ă lâorigine des violences se trouve une vidĂ©o devenue virale sur les rĂ©seaux sociaux. On y voit un exemplaire du Coran placĂ© au pied dâun dieu hindou. TrĂšs vite, la situation dĂ©gĂ©nĂšre.
Mercredi 13 octobre, alors que des hindous cĂ©lĂšbrent la Durga Puja, leur plus grande fĂȘte religieuse au Bangladesh, une foule dâau moins 500 personnes saccage un temple hindou Ă Hajiganj. Face Ă lâincident, la police ouvre le feu sur la foule, portant le bilan des violences Ă quatre morts.
Câest le dĂ©but de violents affrontements religieux accompagnĂ©s dâune sĂ©rie de dĂ©gradation et dâactes de vandalisme contre des lieux de cultes hindous. En tout, 80 temples seront attaquĂ©s ou incendiĂ©s en trois jours.
La premiÚre ministre tente de rassurer la minorité hindoue
Deux jours plus tard, plusieurs milliers de manifestants ont exigĂ© dans la capitale Dacca un « chĂątiment exemplaire » pour les responsables de la profanation du livre sacrĂ© de lâislam. Au dĂ©part au nombre de 2 500, les manifestants Ă©taient un peu plus tard environ 5 000, selon un photographe de lâAFP. Au moins cinq policiers ont Ă©tĂ© blessĂ©s et trois manifestants arrĂȘtĂ©s, a-t-il constatĂ©. La colĂšre sâest rĂ©pandue dans dâautres villes du pays, comme Noakhali, oĂč un hindou a Ă©tĂ© frappĂ© Ă mort, rapporte notre correspondant Ă New Delhi, SĂ©bastien Farcis.
La PremiĂšre ministre Sheikh Hasina a rencontrĂ© jeudi 14 octobre des responsables communautaires et a tentĂ© de rassurer la minoritĂ© hindoue, qui reprĂ©sente 10% des 116 millions de Bangladais, en promettant dâagir vite. « Personne ne sera Ă©pargnĂ© », a-t-elle averti, soulignant que les responsables des dĂ©gradations seront « pourchassĂ©s et punis ».

