Des coups de feu ont été tirés ce mardi 11 décembre au soir dans le centre-ville de Strasbourg. Au moins trois personnes ont été tuées et douze autres blessées selon le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui a annoncé que le pays passait en « urgence attentat ».
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Une vaste opération policière est toujours en cours à Strasbourg après qu’un homme a ouvert le feu dans le secteur touristique de la ville. Deux échanges de tirs ont eu lieu entre les forces de l’ordre et le tireur. Selon le quotidien régional Les Dernières Nouvelles d’Alsace, un assaut aurait eu lieu dans un immeuble du quartier de Neudorf, mais l’homme reste activement recherché. D’après le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, la fusillade a fait trois morts et douze blessés, dont six en urgence absolue. Plus tôt, le maire de la ville, Roland Ries, avait évoqué un bilan de quatre morts et une dizaine de blessés.
Un vaste dispositif a été mis en place pour arrêter le tireur : 350 policiers et gendarmes ont été déployés sur le terrain, dont une centaine de personnels de la police judiciaire appuyés par deux hélicoptères, les Brigades de recherches et d’intervention (BRI) de la PJ parisienne et le RAID mais aussi des soldats de Sentinelle. Des moyens supplémentaires doivent être dépêchés à Strasbourg qui fera l’objet d’un quadrillage renforcé. Le ministre de l’Intérieur a annoncé par ailleurs un « contrôle renforcé aux frontières » dans le cadre de l’élévation du plan Vigipirate désormais porté au niveau « urgence attentat ».
L’assaillant fiché S
« L’individu a été identifié », a indiqué le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, qui est arrivé sur place aux alentours de minuit. L’homme, âgé de 29 ans et né à Strasbourg, est connu pour des faits de droit commun. La préfecture précise qu’il est fiché S en 2016, l’abréviation pour « Sûreté de l’Etat », par les services antiterroristes. Il avait été signalé par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lors d’un passage en prison où il s’était fait remarquer pour des violences et son prosélytisme religieux.
Avant l’attaque de ce 11 décembre, le fuyard était déjà recherché mais dans une affaire distincte, un vol à main armée, tandis qu’une autre source a évoqué une enquête pour une tentative d’homicide. Le matin même, une opération des gendarmes a eu lieu à son domicile qui a été perquisitionné, mais les enquêteurs n’ont pas retrouvé la trace de cet homme, alors introuvable.
Se sachant recherché, le suspect a peut-être basculé dans un périple meurtrier. Le parquet antiterroriste a estimé les indices suffisants pour ouvrir une enquête pour « assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste ». Le procureur de la République de Paris Rémy Heitz, qui a succédé mi-novembre à François Molins, devait s’exprimer ce 12 décembre.

