Dans cette déclaration, la Coalition contre la vie chÚre (CCVC) précise les raisons et les revendications de la marche du 29 novembre 2018.
e jeudi 08 novembre 2018, le gouvernement a procĂ©dĂ© Ă une augmentation de 75 F CFA du prix du litre du super 91 et du gasoil. Cette hausse du prix du carburant vient rĂ©duire encore plus le pouvoir dâachat des populations dĂ©jĂ confrontĂ©es Ă la vie chĂšre. Elle intervient dans un contexte de remise en cause dâacquis dĂ©mocratiques et sociaux, dâinsĂ©curitĂ© grandissante et dâannonces de mesures destinĂ©es Ă pressurer les travailleurs et les populations (IUTS sur les primes et indemnitĂ©s des agents publics, taxe de rĂ©sidence, taxes sur les vĂ©hicules, les engins Ă 2 et 3 roues, âŠ)
Pour justifier sa mesure grave et impopulaire, le gouvernement Ă©voque trois raisons Ă savoir la hausse du prix du pĂ©trole au plan international, la situation difficile de la trĂ©sorerie de la SONABHY et la nĂ©cessitĂ© de soutenir lâeffort de guerre.
Ces justifications sont inacceptables pour les raisons suivantes :
- de nombreuses personnes physiques et morales doivent des centaines de milliards de francs Ă lâEtat : des dignitaires de lâancien rĂ©gime (PrĂ©sident, prĂ©sidents dâinstitutions, dĂ©putĂ©s, ministres, DG, âŠ) qui ont pillĂ© les ressources publiques aux sociĂ©tĂ©s miniĂšres, en passant par les grandes entreprises, câest au bas mot deux mille (2000) milliards de francs qui sont dus Ă lâEtat et qui ont Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©s par des structures Ă©tatiques (ASCE/LC, Cour des comptes, enquĂȘtes parlementaires) ou par le REN-LAC et la presse;
- lâEtat perçoit sur chaque litre dâessence et de gasoil la somme de 264F CFA, ce qui reprĂ©sente une manne financiĂšre considĂ©rable qui couvre largement la prĂ©tendue subvention que lâEtat accorde Ă la SONABHY ;
- lâĂ©vocation de lâeffort de guerre participe de la gestion opaque des ressources publiques, en particulier celles gĂ©nĂ©rĂ©es par la SONABHY. Autrement, le gouvernement aurait indiquĂ© la part que cet effort de guerre reprĂ©sente dans la hausse et la somme attendue ;
- pendant que le gouvernement crie au manque de ressources, il engage des dĂ©penses somptueuses en achat de vĂ©hicules de luxe et en crĂ©ation dâinstitutions inutiles et budgĂ©tivores, dans le seul but de satisfaire aux besoins et envies des dignitaires et de leurs parents et amis ;
- alors que la CCVC rĂ©clamait une baisse de 100 f en 2016, celle-ci a Ă©tĂ© Ă seulement 50 F au motif, selon le gouvernement, quâil fallait permettre Ă la SONABHY de se refaire une santĂ© financiĂšre !
- cette mesure, comme bien dâautres mesures antipopulaires dictĂ©es par les institutions financiĂšres internationales, est destinĂ©e essentiellement Ă assurer le service de la dette, une dette qui sert plus Ă enrichir des individus quâĂ assurer le dĂ©veloppement.
Pour dire Non Ă cette hausse injuste et impopulaire, la Coalition nationale de lutte contre la vie chĂšre, la corruption, la fraude, lâimpunitĂ© et pour les libertĂ©s (CCVC) appelle ses militant(e)s et sympathisant(e)s, lâensemble des populations des villes et des campagnes Ă une journĂ©e nationale de protestation, le 29 novembre 2018.
Cette journĂ©e de protestation sera soutenue par une grĂšve dâavertissement de 24 heures le mĂȘme jour. Selon les rĂ©alitĂ©s de chaque localitĂ©, les coordinations rĂ©gionales, provinciales et communales organiseront des marches, des meetings, des marches-meetings, sit-in, ou toute autre forme dâaction indiquĂ©e.
A Ouagadougou, il sâagira dâune marche qui ira de la Bourse du Travail au ministĂšre du commerce, oĂč une plate-forme revendicative minimale portant sur les points suivant, sera transmise au gouvernement.
- Retour aux prix des hydrocarbures dâavant la dĂ©cision gouvernementale dâaugmentation, du 08 novembre 2018 ;
- Relecture de la structure des prix des hydrocarbures, conformĂ©ment aux conclusions de lâatelier du comitĂ© interministĂ©riel de dĂ©termination des prix des hydrocarbures, tenu Ă Bobo-Dioulasso en juillet 2009 ;
- Audit indépendant de la SONABHY et de la SONABEL, impliquant les structures de lutte contre la corruption ;
- Identification et saisie des biens et fonds dĂ©tournĂ©s par les dignitaires du rĂ©gime de Blaise CompaorĂ© et prise sans dĂ©lais de mesures nĂ©cessaires, en vue de recouvrer lâensemble des fonds dissimulĂ©s Ă lâintĂ©rieur et/ou Ă lâextĂ©rieur du territoire national ;
- Recouvrement effectif et exhaustif des crĂ©ances de lâEtat, dues par tout dignitaire (ministres, dĂ©putĂ©s, Directeurs, Directeurs GĂ©nĂ©raux, etc.) et par des opĂ©rateurs Ă©conomiques ;
- Audit du secteur minier et relecture, au bĂ©nĂ©fice de la Nation, des conventions passĂ©es avec les sociĂ©tĂ©s dâexploitation miniĂšres ;
- ArrĂȘt des atteintes aux libertĂ©s dĂ©mocratiques et syndicales.
Les structures rĂ©gionales, provinciales et communales de la CCVC devront adresser aux autoritĂ©s locales de leurs zones dâactions respectives, une lettre dâinformation sur lâitinĂ©raire ou les lieux de tenue de leurs manifestations. Elles veilleront Ă transmettre Ă la coordination nationale, dans un dĂ©lai maximum de 24H, le bilan des actions quâelles auraient entreprises et rĂ©alisĂ©es.
- Non à la hausse des prix des hydrocarbures !
- Contre le renchérissement continu du coût de la vie, mobilisation et lutte !
Ouagadougou, le 22 novembre 2018
Pour la coordination nationale,
Le 1er vice-président,
Chrysogone ZOUGMORE. /

